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Cap Nord vers la Terre Blanche

23 juillet 2026
FR - Cap Nord vers la Terre Blanche
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C’est à un point de la carte où le monde semble s’arrêter… et où l’aventure commence vraiment : le Svalbard. C’est vers cette frontière extrême que Sylvie Moura et Philippe Maurin, accompagnés de leur équipage, ont choisi de mettre le cap, pour un voyage fait de défis, de silences arctiques et de merveilles hors du temps.

Au cours des prochains mois, nous vous emmènerons dans cette traversée extraordinaire à travers un récit en trois parties, écrit par Sylvie elle-même. Un journal authentique, intense et profondément humain, capable de vous transporter à bord, entre glaces, émotions et horizons infinis.

C’est toujours un plaisir pour nous de partager les récits de la communauté de Navily, source inépuisable d’aventures et d’inspiration. Et celui-ci, en particulier, nous a conquis dès le premier instant : leurs récits, accompagnés des images à couper le souffle qu’ils ont partagées, nous ont fait rêver… et nous espérons qu’ils feront de même pour vous, en éveillant votre envie de mettre les voiles vers de nouveaux horizons.

Prêts à mettre le cap vers le Grand Nord ?

SOMMAIRE

  • Genèse
  • La Traversée
  • Le Spitzberg et ses Terres Polaires, Paradis des Glaces

Genèse

La genèse de cette navigation vers le Spitzberg est le fruit de rêves antérieurs. Lors de mes jeunes années, je succombai à un coup de foudre devant les icebergs vêlés par les glaciers jusqu’aux lacs titanesques de Patagonie. De nombreuses années plus tard, un autre coup de foudre, pour un homme celui-là, me cueillit ! Philippe me répondit : « Oui. » Non pas devant le traditionnel autel mais à ma demande de m’accompagner vers les terres glacées du Grand Sud. Deux voyages successifs, à la voile, en Antarctique nous uniront dans cet amour des zones polaires. Le deuxième s’acheva en 2016.

Voyage Svalbard Navily

Un jour de juin 2019, nous traversons avec un véhicule embarqué sur le ferry le détroit de Messine pour nous rendre en Calabre italienne. Nous rendons visite à un voilier imposant de ses quinze tonnes d’acier. Athos, ainsi se prénomme-t-il. Pourquoi sommes nous là ?

Ce fait est des plus étonnants, en effet !
Car quelques années plus tôt, au retour du deuxième « Antarctique à la voile », impressionnée par un passage du Drake mouvementé, je m’étais promise de ne plus faire de voile. Philippe, dans une tempête venue le bousculer lors d’une navigation au large de l’Uruguay, s’était fait une promesse similaire. Malgré ces expériences de navigation difficiles, Athos nous séduit et nous l’acquérons avec le projet d’une croisière vers l’Irlande, l’Écosse puis la Norvège et une destination en Arctique. Lorsque nous rejoignons la Norvège, les nombreux échanges avec d’autres marins aventureux nous conduisent au choix du Spitzberg. Plus simple d’accès que le Groënland et ayant l’attractif intérêt de multiplier nos chances de rencontres avec des ours polaires.

Celui, sans qui rien ne serait possible :

Voyage Svalbard Navily
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La Traversée

Voyage Svalbard Navily

Lundi 16 juin :

Trois personnes embarquent à notre bord pour s’engager dans la traversée vers l’archipel du Svalbard. Un couple qui a répondu avec enthousiasme à notre demande d’équipage sur le site « Vogue avec moi » et Claude, un ami qui a navigué de nombreux mois avec nous depuis 2019.

Après les formalités au bureau de police pour déclarer notre sortie du territoire Schengen et l’avitaillement dûment complété, nous prenons le large.

Les quarts sont mis en place, quarante-huit heures de navigation en majeure partie à la voile nous emmènent vers notre escale divisant la traversée, l’île aux ours (Bjornoya). Les moments de voile sont généreux et les conditions favorables. Le mal de mer fait souffrir quelques-uns d’entre nous, mais qu’importe, il faut traverser cela pour exaucer nos désirs. Forts de nos expériences, nous le savons, dans quelques jours la tourmente de nos estomacs sera totalement oubliée.

Nous sommes plongés dans cet espace marin qui flirte avec l'infini. Nulle terre n'est plus visible et l'âme est touchée par une appartenance à l'univers quasi-mystique.

Lors d’un quart alors que je suis à la barre. J’entends un bruit de vague différent, comme un creux de mer qui se referme. J’ai tout juste le temps de formuler mon intuition qu’elle se confirme. Un aileron gris fend la mer de son sillage avant de disparaître. Un dauphin puis un deuxième et ensuite une vingtaine accompagnent le bateau. Ils vont, reviennent et avancent à notre rythme aux abords des flancs d’Athos. Quel bonheur de les revoir. Mais qui sont-ils ? 

LA TRAVERSÉE vers l'Artique

Leur dos est marqué des taches très blanches, et leur ventre est complètement clair. J’essaie de discerner leur museau afin de les identifier. Pas facile car ils évoluent rapidement. Tout à coup l’un d’entre eux saute et il retombe dans un plongeon digne de l’élégance d’une danseuse aquatique. Cela semble agir comme un signe de départ d’un ballet dont nous ignorons le mystère. Les voilà tous à exécuter des sauts, des cambrés aériens des plus élégants et des cabrioles étonnantes. 

Nous arrivons au mouillage de Sørhamna* au sud-est de l’île. Il est bien protégé du vent mais rouleur. Le repos s’impose, nous dormons bien. Mais à 18 h, pour profiter d’un peu de vent prévu dans la nuit, le capitaine décide de reprendre la navigation en passant par le sud et l’ouest de l’île. Les falaises et les pointes rocheuses offrent un beau défilé où l’on repère des formes familières. Les oiseaux sont omniprésents sur chaque parcelle de terre.

* Bjornoya est une réserve ornithologique. Il est interdit de descendre à terre à Sørhamna. Cela est possible à Walrus bay, à quelques encablures au Nord.

Mercredi 18 juin :

La deuxième étape de 140 milles est couronnée de soleil, quelle chance ! La permanente visite des oiseaux et celle fréquente des dauphins égayent la traversée. La mer miroite de diamants. Le vent, hélas, se fait plus rare et nous usons de beaucoup de moteur.

Le Spitzberg et ses Terres Polaires, Paradis des Glaces

LE SPITZBERG ET SES TERRES POLAIRES, PARADIS DES GLACES

Jeudi 19 juin :

À 13 h 30, j’aperçois un bateau à l’horizon. En fait, il y en a deux puis trois. Et dans la nuée blanche au ras de l’horizon que nous avons détectée apparaissent des reliefs encore plus immaculés de blanc, du blanc annonciateur de terre de glace.

Notre arrivée sonne le début d’un jour continu et à minuit, nous sourions, éblouis par le soleil.

Le lendemain, c’est devant la base polonaise, à Hornsund, que nous prenons place au milieu d’une baie dans laquelle déambulent les icebergs au gré du vent et des courants. Autant dire que bien souvent, leur trajectoire est imprévisible. Heureusement Athos a bonne carrure, sans toutefois se dispenser du besoin de notre attention, pour éviter les chocs des growlers les plus imposants.

Notre engagement volontaire dans le fjord pour approcher la banquise et les glaciers d’Hornsund est un moment magique. Une baleine de Minke vient nous saluer, glissant au côté d’Athos. Puis le soir venu dans cette lumière éternelle, nous trouvons tout de même le sommeil bercés par le chant des glaces qui crépitent autour de nous sous les caresses du soleil.

L'équipage est enchanté de cette immersion dans un nouveau monde !

Ce décor brut et ancestral réveille ma mémoire, la bichromie noire et blanche des épines terrestres et l’arrêt forcé devant la banquise persistante de la baie me renvoient à des souvenirs si prégnants que mon corps les éprouve encore.

Cette zone sud de l’île du Spitzberg abrite des colonies d’oiseaux dont les vols, les couleurs et les cris nous transportent. Un mouillage à Akseloya comble notre intérêt ornithologique.
Notre équipière, habile et passionnée photographe, s’adonne à son art avec assiduité et addiction.

Arrivée en Arctic
Fjord d'Hornsund
Dauphin Svalbard Navily

Nous espérons que cette première partie vous a offert un aperçu captivant de cette aventure extraordinaire à travers les latitudes les plus extrêmes, vous laissant entrevoir toute l’intensité et la beauté d’un voyage hors du commun.

Ce récit n’est que le début d’un parcours en quatre parties, que nous aurons le plaisir de partager avec vous au fil des prochaines semaines, en vous accompagnant étape par étape.

Nous tenons à remercier chaleureusement Sylvie et son mari d’avoir choisi de partager ce récit extraordinaire avec la communauté Navily, nous ouvrant ainsi les portes d’une expérience aussi intense qu’authentique. À travers ses mots et les images évocatrices qui les accompagnent, elle nous offre un regard privilégié sur un voyage fait d’émotions profondes, de paysages majestueux et de moments marquants. Une invitation à continuer de nous suivre pour découvrir les prochains chapitres de cette aventure, qui vous réserve encore bien des surprises.

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